Journée de solidarité 2027 : lundi 17 mai, sauf décision contraire
Sept heures travaillées non payées — mais votre employeur choisit la date, et le lundi de Pentecôte n'est plus obligatoire
C'est l'une des règles les plus mal comprises du droit du travail français : la journée de solidarité n'est plus attachée au lundi de Pentecôte depuis 2008. En 2027, ce lundi tombe le 17 mai — beaucoup d'entreprises y positionneront la journée par habitude, d'autres la placeront ailleurs, d'autres encore l'auront déjà déduite de vos RTT sans que vous l'ayez remarqué. Voici la règle exacte, ce que ça coûte, et comment savoir ce qui s'applique chez vous.
La date en 2027 : lundi 17 mai — mais seulement par défaut
Le Code du travail prévoit que la journée de solidarité est fixée au lundi de Pentecôtelorsqu'aucun accord n'en dispose autrement. En 2027, ce lundi tombe le 17 mai. Mais depuis la loi du 16 avril 2008, c'est un principe supplétif, pas une obligation : trois modalités coexistent aujourd'hui dans les entreprises françaises, et elles donnent des résultats très différents pour le salarié.
Le 17 mai travaillé
L'entreprise maintient la tradition : vous travaillez le lundi de Pentecôte sans rémunération supplémentaire.
Un autre jour férié
N'importe quel jour habituellement non travaillé convient, sauf le 1er mai — un pont, un jour de fermeture.
Un RTT ou des heures
La modalité la plus fréquente en pratique : un jour de RTT supprimé, ou sept heures réparties sur l'année.
Autrement dit : votre lundi de Pentecôte 2027 sera chômé ou travaillé selon une décision d'entreprise, pas selon le calendrier. La réponse se trouve dans votre accord collectif ou dans la décision unilatérale que l'employeur doit porter à votre connaissance — et non dans les articles qui annoncent « le lundi de Pentecôte 2027 est travaillé ».
Qui décide, et dans quelles limites
- L'accord d'entreprise ou de branche prime. S'il fixe une date ou une modalité, elle s'impose à tous.
- À défaut, l'employeur décide seul, après consultation du CSE lorsqu'il existe. Il n'a pas besoin de l'accord des salariés.
- Une seule interdiction absolue : le 1er mai. Aucune journée de solidarité ne peut y être placée, ce férié étant obligatoirement chômé.
- Sept heures, pas une de plus. Au-delà, les heures redeviennent des heures de travail ordinaires, rémunérées et éventuellement majorées — voir notre guide des heures supplémentaires.
- Les cadres au forfait jours doivent une journée entière de travail supplémentaire, pas sept heures — leur décompte étant en jours.
Ce que ça coûte vraiment, des deux côtés
Pour le salarié
Sept heures de travail non rémunérées. Au SMIC (12,31 € de l'heure), cela représente 86,17 €de travail offert ; au salaire médian, autour de 90 €. Le salaire mensuel reste identique — c'est une journée de travail en plus, pas une retenue sur paie.
Pour l'employeur
La contribution solidarité autonomie: 0,30 % de la masse salariale, versée à l'URSSAF toute l'année, qui finance la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie. Elle est due que la journée soit effectivement travaillée ou non — d'où l'intérêt, pour l'entreprise, de l'organiser réellement.
Un détail qui échappe souvent : la journée de solidarité n'apparaît pas sur le bulletin de paiedu salarié. Ni ligne, ni mention — ce qui explique qu'autant de gens la découvrent en constatant qu'il leur manque un RTT. Si vous voulez vérifier ce que valent vos heures, notre simulateur brut/net donne votre taux horaire réel.
Les cas particuliers
- Temps partiel : durée proratisée — 5 h 36 à 80 %, 3 h 30 à mi-temps.
- Changement d'employeur en cours d'année : si vous l'avez déjà accomplie, vous pouvez refuser la seconde ; si vous la travaillez, elle est payée et compte en heures supplémentaires.
- Apprentis et alternants : soumis à la journée de solidarité comme les autres salariés, sauf s'ils ont moins de 18 ans — le travail des jours fériés leur étant interdit, l'employeur doit alors choisir un autre jour. Voir notre guide du salaire d'apprenti.
- Fonction publique : le principe est le même mais les modalités relèvent de chaque employeur public — souvent un jour de RTT ou de congé annuel.
- Indépendants et salariés portés : la journée ne concerne que le travail salarié classique. Un freelance ne la doit pas — mais un salarié porté, étant salarié de sa société de portage, y est en principe soumis selon les modalités de celle-ci.
Le reste du calendrier 2027 — les onze jours fériés, les quatre perdus le week-end et les deux ponts qui valent le coup — est dans notre guide des jours fériés 2027.
Questions fréquentes
Quelle est la date de la journée de solidarité en 2027 ?
En l'absence d'accord d'entreprise ou de branche, elle est fixée au lundi de Pentecôte — soit le lundi 17 mai 2027. Mais cette date n'est qu'un principe supplétif : depuis la loi du 16 avril 2008, l'employeur peut la placer n'importe quel autre jour habituellement non travaillé, à l'exception du 1er mai. Beaucoup d'entreprises la répartissent en heures sur l'année, ou suppriment un jour de RTT. Pour connaître la vôtre, la réponse est dans votre accord d'entreprise ou la décision unilatérale affichée par l'employeur — pas dans le calendrier.
Le lundi de Pentecôte est-il férié ou travaillé en 2027 ?
Il reste un jour férié légal — la loi ne l'a jamais retiré de la liste. Ce qui a changé en 2008, c'est qu'il peut être travaillé au titre de la journée de solidarité, comme n'importe quel autre férié hors 1er mai. En pratique : dans les entreprises qui y ont placé leur journée de solidarité, vous travaillez le 17 mai 2027 sans rémunération supplémentaire ; dans les autres, c'est un férié chômé ordinaire, et le week-end de Pentecôte dure trois jours.
Suis-je payé pour la journée de solidarité ?
Non, et c'est tout son principe : sept heures de travail supplémentaires dans l'année, sans rémunération additionnelle, pour les salariés à temps plein. En contrepartie, l'employeur verse la contribution solidarité autonomie (0,30 % de la masse salariale) qui finance l'autonomie des personnes âgées et handicapées. Les heures effectuées ce jour-là ne comptent pas comme des heures supplémentaires et ne donnent droit à aucune majoration, dans la limite de sept heures.
Comment ça marche pour un temps partiel ?
La durée est proratisée : un salarié à 80 % doit 5 h 36 au lieu de 7 heures, un mi-temps 3 h 30. Le calcul se fait au prorata de la durée contractuelle par rapport à 35 heures. Si la journée de solidarité tombe un jour que vous ne travaillez habituellement pas, l'employeur doit vous proposer une autre modalité — il ne peut pas vous imposer de venir un jour hors de votre planning contractuel sans respecter les règles de modification des horaires.
Peut-on refuser de travailler la journée de solidarité ?
Non : le refus constitue une absence injustifiée, sanctionnable et non rémunérée. La seule exception concerne les salariés ayant déjà accompli une journée de solidarité chez un précédent employeur la même année — ils peuvent refuser la seconde, et si elle est travaillée, elle doit alors être payée et compter en heures supplémentaires. Gardez votre attestation de fin de contrat : c'est elle qui prouve que vous l'avez déjà faite.
Sources
- Code du travail, art. L3133-7 à L3133-12 — journée de solidarité (Légifrance)
- service-public.fr — journée de solidarité
- Ministère du Travail — la journée de solidarité
- URSSAF — contribution solidarité autonomie
Dernière mise à jour : septembre 2026. Les montants affichés sont calculés par nos simulateurs à partir des taux 2026 — ils sont indicatifs et ne constituent ni un conseil juridique ni un conseil fiscal. Une erreur ? Signalez-la.