Auto-entrepreneur : le guide complet 2026
Création, charges, plafonds et simulation
Le statut d'auto-entrepreneur (officiellement « micro-entrepreneur » depuis 2016) est le régime le plus simple et le plus populaire pour lancer une activité indépendante en France. Avec plus de 4 millions de micro-entrepreneurs actifs en 2026, il séduit par sa création gratuite en 15 minutes, ses cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires et l'absence totale de comptabilité. Ce guide couvre tout ce que vous devez savoir : de la création à la sortie du régime, en passant par les charges URSSAF, l'ACRE, la TVA, les plafonds et le versement libératoire.
⏱ Lecture : 15 min · Données vérifiées sur les sources officielles
Qu'est-ce que l'auto-entrepreneur ?
L'auto-entrepreneur est un entrepreneur individuelqui bénéficie du régime fiscal et social simplifié de la micro-entreprise. Créé en 2009 pour encourager l'entrepreneuriat, ce statut a été fusionné avec celui de micro-entrepreneur en 2016 : les deux termes désignent désormais exactement la même chose.
Le cadre juridique repose sur la loi PACTE de 2019, qui a simplifié la création d'entreprise et relevé les plafonds de chiffre d'affaires. L'auto-entrepreneur n'est pas une forme juridique distincte : c'est un régime fiscal et social appliqué à l'entreprise individuelle (EI). Depuis la loi du 14 février 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est automatiquement protégé — seul le patrimoine professionnel répond des dettes de l'activité.
Concrètement, l'auto-entrepreneur paie ses cotisations sociales et, éventuellement, son impôt sur le revenu sous forme d'un pourcentage fixe appliqué au chiffre d'affaires encaissé. Pas de CA = pas de charges. C'est cette simplicité qui en fait le statut préféré des créateurs d'entreprise en France.
En résumé
- Forme juridique : Entreprise Individuelle (EI)
- Régime fiscal : Micro-fiscal (abattement forfaitaire ou versement libératoire)
- Régime social : Micro-social simplifié (cotisations proportionnelles au CA)
- Comptabilité : Livre des recettes uniquement (pas de bilan, pas d'expert-comptable)
- Responsabilité : Limitée au patrimoine professionnel depuis 2022
Comment créer son auto-entreprise
La création est gratuite et prend environ 15 minutes en ligne.
- 1
Choisir le type d’activité
Déterminez si votre activité relève du BIC (vente de marchandises, artisanat) ou du BNC (prestations de services intellectuelles). Ce choix détermine vos taux de cotisations et vos plafonds de chiffre d’affaires. En cas de doute, l’URSSAF ou votre CCI peuvent vous orienter.
- 2
Déclarer sur le guichet unique
Rendez-vous sur guichet-unique.inpi.fr (le portail qui a remplacé l’ancien site autoentrepreneur.urssaf.fr pour la création). Remplissez le formulaire en ligne avec votre pièce d’identité. La déclaration est entièrement gratuite.
- 3
Recevoir votre numéro SIRET
L’INSEE vous attribue un numéro SIRET sous 1 à 4 semaines. Ce numéro est indispensable pour facturer. En attendant, vous pouvez commencer à travailler avec l’accusé de réception de votre déclaration.
- 4
Ouvrir un compte bancaire dédié
Si votre CA dépasse 10 000 € pendant 2 années consécutives, un compte dédié à l’activité est obligatoire. Pas besoin d’un compte professionnel : un second compte courant personnel suffit. En dessous de ce seuil, c’est recommandé mais pas obligatoire.
- 5
Commencer à facturer
Dès réception de votre SIRET, vous pouvez émettre vos premières factures. N’oubliez pas la mention de franchise de TVA si vous êtes en dessous des seuils. Votre première déclaration de CA aura lieu 90 jours après le début d’activité.
Astuce :Pensez à demander l'ACRE lors de votre déclaration si vous y êtes éligible. La demande doit être faite au moment de la créationou dans les 45 jours suivants. Après ce délai, c'est trop tard.
Charges et cotisations 2026
En auto-entrepreneur, les cotisations sociales sont calculées comme un pourcentage fixe du chiffre d'affaires encaissé. Le taux dépend de la nature de votre activité. Ces cotisations couvrent la maladie, la retraite de base, la retraite complémentaire, les allocations familiales, la CSG et la CRDS.
| Type d'activité | Taux cotisations | CFP | Total |
|---|---|---|---|
| BIC — Vente de marchandises | 12,3 % | 0,1 % | 12,4 % |
| BIC — Prestations de services | 21,2 % | 0,3 % | 21,5 % |
| BNC — Régime général (URSSAF) | 25,6 % | 0,2 % | 25,8 % |
| BNC — CIPAV (professions libérales) | 23,2 % | 0,2 % | 23,4 % |
CFP = Contribution à la Formation Professionnelle. Elle est collectée en même temps que les cotisations URSSAF et vous donne accès à des droits de formation via votre OPCO.
Exemple :pour un développeur freelance (BNC régime général) qui facture 5 000 €/mois, les cotisations s'élèvent à 5 000 × 25,8 % = 1 290 €. Il conserve 3 710 € avant impôt sur le revenu.
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L'ACRE en 2026 : ce qui a changé
L'ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d'Entreprise) permet aux nouveaux auto-entrepreneurs de bénéficier d'une réduction de cotisations sociales pendant les 12 premiers mois d'activité.
Réforme 2026 : le taux de réduction est passé de 50 % à 25 %pour les nouvelles demandes. Concrètement, un prestataire BNC (régime général) paiera 19,2 % au lieu de 25,6 % la première année, contre 12,8 % avec l'ancien dispositif. Le bénéfice reste appréciable mais il est nettement moins généreux qu'avant.
| Activité | Taux normal | Taux ACRE 2026 | Économie / 10 k€ CA |
|---|---|---|---|
| BIC Vente | 12,3 % | 9,2 % | 310 € |
| BIC Services | 21,2 % | 15,9 % | 530 € |
| BNC Régime général | 25,6 % | 19,2 % | 640 € |
| BNC CIPAV | 23,2 % | 17,4 % | 580 € |
Réduction moins avantageuse depuis 2026
Avec la réforme, l'ACRE ne réduit plus les cotisations que de 25 % (contre 50 % auparavant). L'économie reste réelle mais elle ne doit plus être le critère principal de choix du statut. N'oubliez pas : la demande doit être faite dans les 45 jours suivant la création.
Conditions d'éligibilité :
- Ne pas avoir bénéficié de l'ACRE dans les 3 années précédentes
- Être demandeur d'emploi (indemnisé ou non), bénéficiaire du RSA, de l'ASS, de la PreParE, ou avoir entre 18 et 25 ans
- Créer ou reprendre une entreprise (toute forme juridique)
- En exercer effectivement le contrôle
TVA et franchise en base
Par défaut, l'auto-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA: il ne facture pas de TVA à ses clients et ne la récupère pas sur ses achats. C'est un avantage compétitif en B2C (le prix est identique au TTC d'un concurrent assujetti) mais un inconvénient en B2B (le client ne peut pas déduire de TVA sur vos factures).
Cette franchise s'applique tant que votre chiffre d'affaires ne dépasse pas certains seuils, révisés régulièrement par l'administration fiscale.
| Type d'activité | Seuil franchise | Seuil majoré (tolérance) |
|---|---|---|
| Prestations de services | 37 500 € | 41 250 € |
| Vente de marchandises | 85 000 € | 93 500 € |
Comment ça fonctionne :si votre CA dépasse le seuil de franchise mais reste sous le seuil majoré, vous bénéficiez d'une tolérance pour l'année en cours. En revanche, si vous dépassez le seuil majoré, vous devenez redevable de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement.
Si vous dépassez le seuil de franchise pendant deux années consécutives (sans dépasser le seuil majoré), vous perdez la franchise au 1er janvier de la troisième année.
Devenir assujetti à la TVA implique : facturer 20 % de TVA à vos clients, déclarer la TVA mensuellement ou trimestriellement, et demander un numéro de TVA intracommunautaire auprès de votre SIE (service des impôts des entreprises).
Bon à savoir :vous pouvez opter volontairement pour la TVA même en dessous des seuils. C'est intéressant si vos clients sont des entreprises (B2B) et que vous avez des achats importants (matériel informatique, sous-traitance) dont vous souhaitez récupérer la TVA.
Plafonds de chiffre d'affaires
Le régime micro-entrepreneur est soumis à des plafonds de CA annuels. Si vous les dépassez, vous basculez automatiquement vers le régime réel d'imposition — avec une comptabilité plus lourde et des cotisations calculées différemment.
| Type d'activité | Plafond annuel |
|---|---|
| BIC — Vente de marchandises, hébergement, restauration | 203 100 € |
| BIC / BNC — Prestations de services | 83 600 € |
Dépassement sur une seule année :vous restez auto-entrepreneur l'année du dépassement. Les plafonds sont proratisés si vous avez créé votre activité en cours d'année.
Dépassement deux années consécutives :vous basculez au régime réel d'imposition au 1er janvier de l'année suivante. Vous devrez alors tenir une comptabilité complète (bilan, compte de résultat), ce qui implique généralement de faire appel à un expert-comptable.
Pour les activités mixtes (vente + services), chaque plafond s'applique séparément, et le CA global ne doit pas dépasser 203 100 €.
Attention au prorata
Si vous créez votre activité le 1er juillet, votre plafond pour cette première année est divisé par deux. Pour un prestataire de services : 83 600 / 2 = 41 800 €. Dépassez ce montant et l'année comptera comme un dépassement.
Le versement libératoire
Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu permet de payer votre impôt en même temps que vos cotisations URSSAF, sous forme d'un pourcentage supplémentaire appliqué au CA. Vous êtes alors libéré de l'impôt classique sur ces revenus d'activité.
| Type d'activité | Taux VL | Cotisations + VL = Total |
|---|---|---|
| BIC — Vente de marchandises | 1,0 % | 13,3 % |
| BIC — Prestations de services | 1,7 % | 22,9 % |
| BNC — Activités libérales | 2,2 % | 27,8 % |
Condition d'éligibilité :votre revenu fiscal de référence (RFR) de l'avant-dernière année (N-2) ne doit pas dépasser environ 28 800 € par part de quotient familial. Ce seuil est revalorisé chaque année.
Quand c'est avantageux :le versement libératoire est intéressant si votre taux marginal d'imposition est supérieur au taux du VL. Un prestataire de services dans la tranche à 30 % économise 30 % − 1,7 % = 28,3 points sur l'abattement. En revanche, si vous êtes non imposable ou dans la tranche à 11 %, le VL vous fait payer plus d'impôt que nécessaire.
Quand c'est défavorable :si votre foyer fiscal est non imposable (après abattement micro), vous payez un impôt que vous n'auriez normalement pas à payer. C'est le cas de nombreux auto-entrepreneurs à faible CA ou avec un conjoint aux revenus modestes.
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Avantages et inconvénients
✅ Avantages
- Simplicité maximale : création en 15 min, pas de comptabilité, déclaration en ligne trimestrielle ou mensuelle
- Charges réduites : 12 à 26 % du CA selon l'activité, contre ~45 % en portage ou ~60 % en SASU
- Pas d'expert-comptable : un simple livre des recettes suffit, pas de bilan ni de liasse fiscale
- Démarrage immédiat : vous pouvez commencer à travailler dès la déclaration, pas besoin d'attendre le SIRET
- Cumul possible : compatible avec un emploi salarié, la retraite, les études ou les allocations chômage (sous conditions)
❌ Inconvénients
- Pas de déduction de charges : les cotisations sont calculées sur le CA brut, pas sur le bénéfice. Si vos frais réels dépassent l'abattement forfaitaire, vous perdez de l'argent
- Protection sociale limitée : pas de chômage, indemnités journalières faibles, retraite proportionnelle au CA déclaré
- Plafonds de CA : 83 600 € en services, 203 100 € en vente. Au-delà, vous basculez au régime réel
- Pas de patrimoine d'entreprise : vous ne pouvez pas revendre votre activité, céder des parts ou lever des fonds
Auto-entrepreneur vs autres statuts
| Critère | Auto-entr. | Portage | SASU | EURL |
|---|---|---|---|---|
| Création | Gratuite, 15 min | Immédiate | ~300 € + statuts | ~300 € + statuts |
| Cotisations sociales | 12-26 % du CA | ~45 % du brut | ~65 % du net | ~45 % du net |
| Protection sociale | Minimale | Complète (salarié) | Assimilé-salarié | TNS |
| Chômage | Non (ATI limitée) | Oui (ARE) | Non | Non |
| Plafond CA | 83 600 / 203 100 € | Aucun | Aucun | Aucun |
| Frais déductibles | Non (abattement) | Oui | Oui | Oui |
| Comptabilité | Livre des recettes | Aucune | Bilan obligatoire | Bilan obligatoire |
| Patrimoine / Revente | Non | Non | Oui (parts) | Oui (parts) |
| Idéal pour | < 70 k€ CA | > 3 k€/mois net | Dividendes + IS | Rému. immédiate |
Quand quitter l'auto-entrepreneur ?
Le statut auto-entrepreneur est idéal pour démarrer, mais il peut devenir un frein à mesure que votre activité se développe. Voici les signaux qui indiquent qu'il est temps d'évoluer vers un autre statut :
Votre CA approche des plafonds
Si vous atteignez régulièrement 70-80 % du plafond (soit ~60 000 € en services), il est judicieux d’anticiper le changement plutôt que de subir un basculement subi au régime réel.
Vos frais réels dépassent 30 % du CA
L’abattement forfaitaire (34 % en BNC, 50 % en BIC services, 71 % en BIC vente) est censé couvrir vos charges. Si vos frais réels sont supérieurs, vous payez des cotisations sur un bénéfice fictif. En SASU ou EURL, vous déduisez les charges réelles.
Vous souhaitez vous verser des dividendes
L’auto-entrepreneur n’a pas de notion de bénéfice distribuable. Si vous voulez optimiser votre rémunération entre salaire et dividendes (notamment en SASU à l’IS), il faut créer une société.
Vous avez besoin d’une meilleure protection sociale
Si vous souhaitez cotiser au chômage, bénéficier d’une mutuelle d’entreprise ou d’indemnités journalières plus élevées, le portage salarial ou la SASU offrent une couverture supérieure.
Pour savoir quel statut serait le plus avantageux à votre niveau de CA, utilise notre comparateur de statuts freelance.
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Questions fréquentes
Peut-on être auto-entrepreneur et salarié en même temps ?
Oui, le cumul est autorisé sans restriction de chiffre d’affaires. Vous devez simplement respecter votre clause d’exclusivité ou de non-concurrence si votre contrat de travail en contient une. Votre employeur n’a pas besoin d’être informé, sauf disposition contraire dans votre convention collective.
Comment déclarer son chiffre d’affaires ?
La déclaration se fait en ligne sur autoentrepreneur.urssaf.fr, mensuellement ou trimestriellement selon l’option choisie à la création. Vous déclarez le CA encaissé (et non facturé) sur la période. La déclaration est obligatoire même si le CA est nul : vous indiquez alors 0 €.
Quand payer ses cotisations URSSAF ?
Les cotisations sont prélevées automatiquement après chaque déclaration de chiffre d’affaires. Si vous déclarez mensuellement, le prélèvement a lieu le mois suivant la période déclarée. En trimestriel, les échéances sont les 30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier.
L’auto-entrepreneur peut-il embaucher ?
Oui, rien ne l’interdit légalement. En pratique, c’est très rare car le régime n’est pas adapté : vous ne pouvez pas déduire les salaires de vos charges, et le coût d’un salarié s’ajoute à vos cotisations forfaitaires. Si vous avez besoin de recruter, il est préférable de passer en SASU ou EURL.
Comment facturer en auto-entrepreneur ?
Vos factures doivent mentionner : votre nom, SIRET, adresse, la mention « EI » (entrepreneur individuel), le détail de la prestation, le montant HT, et la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » si vous êtes en franchise. Depuis 2026, la facturation électronique via Chorus Pro devient progressivement obligatoire.
Que se passe-t-il si mon CA est nul ?
Vous ne payez aucune cotisation : c’est le principe du régime forfaitaire. En revanche, vous ne validez aucun trimestre de retraite. Si votre CA reste nul pendant 2 années civiles consécutives (8 trimestres), votre micro-entreprise est automatiquement radiée par l’URSSAF.
L’auto-entrepreneur a-t-il droit au chômage ?
Non, les cotisations micro-entrepreneur ne couvrent pas l’assurance chômage. Depuis 2019, l’ATI (Allocation des Travailleurs Indépendants) existe mais ses conditions sont très restrictives : il faut justifier d’au moins 2 ans d’activité et d’un revenu antérieur minimum de 10 000 €/an. Le montant est plafonné à ~800 €/mois pendant 6 mois.
Comment fermer son auto-entreprise ?
La cessation d’activité se déclare en ligne sur le guichet unique (guichet-unique.inpi.fr). Elle prend effet immédiatement. Vous devez ensuite effectuer une dernière déclaration de CA dans les 30 jours suivant la cessation et payer les cotisations correspondantes. Pensez aussi à déclarer les revenus de l’année en cours aux impôts.
Sources
- autoentrepreneur.urssaf.fr — portail officiel URSSAF
- service-public.fr — micro-entreprise
- economie.gouv.fr — statut auto-entrepreneur
- guichet-unique.inpi.fr — création d’entreprise
- impots.gouv.fr — versement libératoire
Dernière mise à jour : avril 2026. Ce guide est à vocation informative. Pour une analyse adaptée à votre situation, consultez un expert-comptable ou un avocat spécialisé. Rédigé par Nizar Laghrifi, fondateur de Salairia.