Heures supplémentaires : majoration, exonérations, net réel
Une heure sup à 25 % rapporte 16,93 € nets là où l'heure normale en laisse 11,83 €
Les heures supplémentaires cumulent trois avantages que peu de salariés savent chiffrer : une majoration d'au moins 10 % (25 % par défaut), une réduction de cotisations salariales jusqu'à 11,31 points, et zéro impôt sur le revenu jusqu'à 7 500 € par an. Résultat : l'heure sup est, de loin, l'heure la mieux payée de votre mois. Le détail du calcul, les plafonds, et les pièges.
Les majorations : 25 %, 50 %, jamais moins de 10 %
Toute heure travaillée au-delà de 35 heures par semaine est une heure supplémentaire, décomptée à la semaine civile. Le barème légal par défaut : +25 % de la 36e à la 43e heure, +50 %à partir de la 44e. Un accord d'entreprise ou de branche peut y déroger, avec un plancher absolu de 10 % — d'où l'importance de vérifier votre convention collective avant tout calcul.
Le taux horaire de référence se calcule sur la base de 151,67 heures mensuelles pour un temps plein : pour 2 300 € bruts, l'heure normale vaut 15,16 € et l'heure majorée à 25 % 18,96 €. S'y ajoutent les primes liées à la nature du travail (elles entrent dans l'assiette), mais pas les remboursements de frais.
Les deux exonérations qui changent tout
Zéro impôt jusqu'à 7 500 €/an
La rémunération des heures supplémentaires est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an(CGI, art. 81 quater). Pas de prélèvement à la source sur ces sommes, ligne dédiée sur le bulletin, case pré-remplie distincte dans la déclaration. Seul l'excédent au-delà du plafond est imposé.
Cotisations réduites de 11,31 points
Les cotisations salariales d'assurance vieillesse sur ces heures sont réduites, dans la limite de 11,31 %de leur rémunération (CSS, art. L241-17). L'heure sup ne supporte plus qu'environ 11 % de prélèvements sociaux au lieu de ~22 % — sans rogner vos droits retraite, la réduction étant compensée par l'État.
Le calcul complet sur un cas type
Salarié non-cadre à 2 300 €bruts (35 h). Comparons une heure normale et une heure supplémentaire majorée à 25 %, avec ~22 % de cotisations salariales — l'ordre de grandeur de nos simulateurs :
| Heure normale | Heure sup (+25 %) | |
|---|---|---|
| Brut | 15,16 € | 18,96 € |
| Cotisations salariales | ≈ 22 % | ≈ 11 % (réduction 11,31 pts) |
| Impôt sur le revenu | selon votre taux de PAS | 0 € (sous 7 500 €/an) |
| Net (avant impôt pour l'heure normale) | 11,83 € | 16,93 € |
L'écart réel est encore plus grand que ces 43% : le net de l'heure normale sera ensuite amputé du prélèvement à la source, pas celui de l'heure sup. Pour un salarié imposé à 11 %, l'heure supplémentaire rapporte au final près de 60 % de plusque l'heure normale. Chiffres à affiner sur votre profil exact avec le simulateur brut/net et le simulateur net après impôt.
Plafonds et pièges
- Le contingent annuel : 220 heures par défaut (souvent modifié par accord). Au-delà, chaque heure ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos en plus de la majoration.
- Les durées maximales restent absolues : 10 h par jour, 48 h par semaine, 44 h en moyenne sur 12 semaines. Aucune exonération ne rend légal leur dépassement.
- Forfait jours = pas d'heures sup. Les cadres au forfait annuel en jours ne décomptent pas leurs heures : le dispositif ne les concerne pas (leurs jours de repos rachetés suivent un autre régime).
- Revenu fiscal de référence : les heures exonérées y restent intégrées. Elles peuvent donc peser sur l'éligibilité à certaines aides ou au taux réduit de CSG des retraités du foyer.
- Non payées ? Les heures sup imposées par la charge de travail et connues de l'employeur sont dues, même sans accord écrit préalable. Emails, plannings et badgeages font preuve — prescription de 3 ans sur les salaires.
Questions fréquentes
Comment sont majorées les heures supplémentaires en 2026 ?
Au-delà de 35 heures hebdomadaires, les 8 premières heures supplémentaires (de la 36e à la 43e) sont majorées de 25 %, et les suivantes de 50 %. Un accord d'entreprise ou de branche peut fixer d'autres taux, sans jamais descendre sous 10 %. Vérifiez votre convention collective : c'est elle qui prime sur le taux légal par défaut, dans les deux sens.
Les heures supplémentaires sont-elles vraiment non imposables ?
Oui, dans la limite de 7 500 € de rémunération d'heures supplémentaires par an et par salarié (montant net imposable). En dessous de ce plafond, ni impôt sur le revenu ni prélèvement à la source sur ces sommes — elles apparaissent d'ailleurs sur une ligne distincte du bulletin et sont pré-remplies à part dans la déclaration. Au-delà de 7 500 €, l'excédent est imposé normalement. Attention : elles restent intégrées au revenu fiscal de référence, ce qui peut jouer sur certaines aides.
Qu'est-ce que la réduction de cotisations salariales sur les heures sup ?
Les heures supplémentaires bénéficient d'une réduction des cotisations salariales d'assurance vieillesse, plafonnée à 11,31 % de la rémunération de ces heures. Concrètement, là où une heure normale supporte environ 22 % de cotisations salariales, l'heure supplémentaire n'en supporte plus qu'environ 11 %. Combinée à la majoration de 25 % et à l'absence d'impôt, c'est ce qui rend le net des heures sup si supérieur au net des heures normales.
Les heures complémentaires du temps partiel sont-elles logées à la même enseigne ?
Oui pour l'essentiel : les heures complémentaires (celles effectuées au-delà de la durée contractuelle d'un temps partiel) ouvrent droit à la même exonération d'impôt dans le même plafond commun de 7 500 €, et à la réduction de cotisations. Leur majoration est différente : 10 % pour les heures dans la limite du dixième de la durée contractuelle, 25 % au-delà. Et elles ne peuvent jamais porter le salarié à 35 heures, sous peine de requalification du contrat à temps plein.
Mon employeur peut-il remplacer le paiement par du repos ?
Oui, si un accord collectif le prévoit : c'est le repos compensateur de remplacement. Une heure majorée à 25 % devient 1 h 15 de repos. Le salarié y perd l'avantage fiscal — un repos ne bénéficie ni de l'exonération d'impôt ni de la réduction de cotisations. À l'inverse, au-delà du contingent annuel (220 heures par défaut), s'ajoute obligatoirement une contrepartie en repos. Si vous avez le choix, le paiement est presque toujours plus avantageux financièrement.
Sources
- Code du travail, art. L3121-28 et suivants — heures supplémentaires (Légifrance)
- CGI, art. 81 quater — exonération d'impôt sur le revenu (Légifrance)
- Code de la sécurité sociale, art. L241-17 — réduction de cotisations salariales (Légifrance)
- service-public.fr — heures supplémentaires d'un salarié du privé
- URSSAF — la réduction de cotisations sur les heures supplémentaires
Dernière mise à jour : août 2026. Les montants affichés sont calculés par nos simulateurs à partir des taux 2026 — ils sont indicatifs et ne constituent ni un conseil juridique ni un conseil fiscal. Une erreur ? Signalez-la.