À jour septembre 2026

Indemnité de télétravail : les barèmes 2026 et ce que vous pouvez demander

2,70 € par jour télétravaillé, ou 10,70 € par mois et par jour hebdomadaire — exonérés de cotisations

Aucune loi n'oblige l'employeur à verser une indemnité de télétravail. Mais s'il le fait, l'URSSAF fixe des plafonds jusqu'auxquels cette allocation est exonérée de cotisations et d'impôt : 2,70 € par jour, ou 10,70 € par mois pour chaque jour de télétravail hebdomadaire régulier. Comprendre ces barèmes, c'est savoir ce qu'on peut demander — et vérifier ce qu'on reçoit.

Les deux barèmes, au choix de l'employeur

2,70 €

par jour télétravaillé

Calcul au réel, sur les jours effectivement télétravaillés, dans la limite de 59,40 € par mois. Adapté aux organisations souples, où le nombre de jours varie d'une semaine à l'autre.

10,70 €

par mois, et par jour de télétravail hebdomadaire

Forfait mensuel fixe : deux jours par semaine donnent 21,40 € par mois, trois jours 32,10 €. Plus simple à gérer en paie quand le rythme est régulier.

Dans les deux cas, l'allocation est exonérée de cotisations sociales, de CSG-CRDS et d'impôt sur le revenu, sans justificatif à produire — c'est tout l'intérêt du forfait. L'exonération fiscale est plafonnée à 626 €par an. Un accord collectif peut prévoir des montants supérieurs, exonérés eux aussi dans des limites plus élevées lorsqu'ils sont prévus par la branche.

Obligatoire ? Non — mais souvent dû quand même

Depuis les ordonnances de 2017, le Code du travail n'impose plus à l'employeur de prendre en charge tous les coûts découlant du télétravail. Aucune allocation n'est donc légalement obligatoire. Trois nuances importantes :

  • L'accord collectif ou la charte peut la rendre obligatoire — et c'est le cas dans de nombreuses branches depuis l'accord national interprofessionnel de 2020. Vérifiez votre convention avant de conclure qu'on ne vous doit rien.
  • Les équipements restent à la charge de l'employeur : il doit fournir les outils nécessaires à l'exercice des fonctions. Un ordinateur, un écran ou un siège relèvent de cette obligation, distincte de l'allocation forfaitaire.
  • Les frais réels restent remboursables sur justificatifs, si l'employeur choisit cette voie plutôt que le forfait — mais la gestion est nettement plus lourde des deux côtés.

Ce que ça représente réellement

Rythme de télétravailForfait mensuelSur l'annéeÉquivalent en brut*
1 jour par semaine10,70 €128 €165 €
2 jours par semaine21,40 €257 €329 €
3 jours par semaine32,10 €385 €494 €
4 jours par semaine42,80 €514 €658 €

* L'allocation étant nette de cotisations et d'impôt, obtenir la même somme en salaire supposerait une augmentation brute nettement supérieure — de l'ordre de 28 % de plus, puis encore l'impôt. C'est l'argument à avoir en tête : à coût employeur égal, l'allocation de télétravail est bien plus efficace qu'une augmentation, comme les titres-restaurant — et pour la même raison.

Le demander, et vérifier ce qu'on reçoit

  • Commencez par lire votre accord d'entreprise ou la charte télétravail. Si une allocation y figure, elle est due : ce n'est plus une demande mais une application.
  • Vérifiez la ligne sur votre bulletin. L'allocation doit apparaître séparément du brut, en remboursement de frais — si elle est intégrée au salaire, elle est chargée et imposée, ce qui vous coûte inutilement.
  • Vérifiez vos titres-restaurant. Les jours télétravaillés y ouvrent droit comme les jours sur site. C'est le manquement le plus fréquent, et il se rattrape.
  • En négociation d'embauche, chiffrez l'ensemble : allocation télétravail, titres-restaurant, mutuelle et primes pèsent souvent plus qu'on ne le croit face au fixe. Notre simulateur de négociation aide à comparer des packages hétérogènes.

Dernier point pour les indépendants : un salarié porté peut lui aussi bénéficier de ce forfait, versé par sa société de portage et déduit de son compte d'activité — un micro-entrepreneur, lui, n'a rien d'équivalent : ses frais de bureau sont couverts par l'abattement forfaitaire, sans ligne dédiée.

Questions fréquentes

Quel est le montant de l'indemnité de télétravail en 2026 ?

Deux modes de calcul coexistent, au choix de l'employeur. Le premier est journalier : 2,70 € par jour effectivement télétravaillé, dans la limite de 59,40 € par mois. Le second est forfaitaire mensuel : 10,70 € par mois pour chaque jour de télétravail par semaine — un salarié en télétravail deux jours par semaine perçoit donc 21,40 € par mois. Dans les deux cas, ces montants sont exonérés de cotisations sociales, de CSG-CRDS et d'impôt sur le revenu, sans justificatif à produire.

L'employeur est-il obligé de verser une indemnité de télétravail ?

Non. Depuis 2017, l'obligation de prise en charge de tous les coûts découlant du télétravail a été supprimée du Code du travail. Aucun texte n'impose donc une allocation forfaitaire. En revanche, deux tempéraments existent : un accord collectif ou une charte d'entreprise peut la rendre obligatoire — c'est le cas dans de nombreuses branches depuis 2021 —, et l'employeur reste tenu de fournir les équipements nécessaires à l'exercice des fonctions. L'accord national interprofessionnel de 2020 encourage par ailleurs la prise en charge, sans la rendre contraignante.

Que se passe-t-il si l'employeur verse plus que le barème ?

L'excédent n'est exonéré que si l'employeur peut justifier des frais réellement engagés par le salarié — factures d'abonnement internet, d'électricité, achat de matériel au prorata de l'usage professionnel. À défaut de justification, la part dépassant le barème est réintégrée dans le salaire brut et supporte cotisations, CSG-CRDS et impôt. C'est pourquoi la plupart des entreprises calent leur allocation exactement sur le barème URSSAF : au-delà, la gestion administrative devient disproportionnée.

L'indemnité de télétravail apparaît-elle sur le bulletin de paie ?

Oui, sur une ligne distincte, en dehors du salaire brut : c'est un remboursement de frais professionnels, pas un élément de rémunération. Elle n'entre donc ni dans l'assiette des cotisations, ni dans le net imposable, ni dans le calcul de vos droits (retraite, chômage, indemnités de rupture). Sur l'année, l'exonération d'impôt sur le revenu est plafonnée à 626 €. Le mécanisme est le même que pour les autres remboursements de frais, décrit dans notre guide du net imposable.

Un télétravailleur a-t-il droit aux titres-restaurant ?

Oui. Le principe d'égalité de traitement l'impose : un salarié en télétravail dont la journée comprend une pause repas a droit à son titre-restaurant dans les mêmes conditions qu'un salarié sur site. La jurisprudence l'a confirmé et le BOSS l'a intégré. Un employeur qui réserverait les titres aux seuls jours de présence s'exposerait à un rappel, sauf accord collectif organisant un dispositif équivalent. C'est un point distinct de l'allocation de télétravail : les deux se cumulent.

Sources

Dernière mise à jour : septembre 2026. Les montants affichés sont calculés par nos simulateurs à partir des taux 2026 — ils sont indicatifs et ne constituent ni un conseil juridique ni un conseil fiscal. Une erreur ? Signalez-la.