Barème kilométrique : le tableau et le calcul
12 000 km en 5 CV = 5 679 € déductibles — 6 815 € en électrique
Le barème kilométrique permet de déduire de son revenu imposable — ou de se faire rembourser par son entreprise — les trajets professionnels effectués avec son véhicule personnel. Le barème en vigueur est inchangé depuis 2024 ; les véhicules électriques bénéficient d'une majoration de 20 %. Voici le tableau complet, la mécanique des trois tranches, et le match frais réels contre déduction forfaitaire de 10 %.
Le tableau complet (voitures)
| Puissance fiscale | Jusqu'à 5 000 km | 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
d = distance professionnelle annuelle en kilomètres. Les véhicules de plus de 7 CV utilisent la ligne 7 CV (plafonnement). Les véhicules 100 % électriques majorent le résultat de 20 %; les hybrides n'y ont pas droit. Des barèmes distincts existent pour les motos et cyclomoteurs.
Le calcul, pas à pas
Cas type : une berline de 5 CV, 12 000km professionnels dans l'année (soit ~26 km de trajet domicile-travail aller-retour sur 230 jours). La distance tombe dans la tranche intermédiaire, donc une seule formules'applique :
(12 000 × 0,357) + 1 395 = 5 679 €
en 100 % électrique : 5 679 € × 1,20 = 6 815 €
- Ce montant se déduit du salaire imposable (case frais réels de la déclaration), pas de l'impôt : le gain réel dépend de votre tranche marginale. À 30 %, 5 679 € déduits font ~1 704 € d'impôt en moins.
- S'ajoutent péages et stationnement professionnels sur justificatifs — conservez-les 3 ans, l'administration peut les demander.
- Domicile-travail : 40 km maximum par trajet sans justification particulière, un aller-retour par jour. C'est la limite qui écrête le plus de dossiers.
Frais réels ou déduction forfaitaire de 10 % : le vrai match
Par défaut, l'administration applique à tous les salariés un abattement de 10 % du salaire(plafonné à environ 14 400 €). Opter pour les frais réels — dont le barème kilométrique est presque toujours la pièce maîtresse — n'a de sens que si le total dépasse ces 10 %. La règle rapide :
- Salaire de 30 000 € → l'abattement vaut 3 000 €. Nos 5 679 € de barème le battent nettement : frais réels gagnants.
- Salaire de 55 000 € → abattement de 5 500 €. Le même kilométrage ne suffit plus, sauf à ajouter repas, double résidence ou gros trajets justifiés.
L'option se fait chaque année, salarié par salarié au sein du foyer — un conjoint peut être aux frais réels et l'autre aux 10 %. Et elle oblige à réintégrer les remboursements de frais de l'employeur dans le salaire imposable : faites le calcul complet avant de cocher.
Le même barème pour trois usages différents
Salarié
Déduction aux frais réels dans la déclaration de revenus, contre renoncement aux 10 %. C'est l'usage principal du barème — vérifiable avec le simulateur officiel (en sources).
Dirigeant de société
Un président de SASU qui utilise sa voiture personnelle pour la société peut se faire rembourser en indemnités kilométriques au barème : charge déductible pour la société, non imposable pour lui. Un des rares flux « gratuits » entre la société et le dirigeant — notre guide rémunération du président le replace dans l'ensemble.
Indépendant au réel
En BNC à la déclaration contrôlée, le barème peut remplacer les frais réels de véhicule. En micro-entreprise, en revanche, aucune déduction: l'abattement forfaitaire couvre tout — l'un des paramètres du choix de statut chiffrés par notre simulateur auto-entrepreneur.
Questions fréquentes
Comment fonctionne le calcul par tranches du barème kilométrique ?
Le barème comporte trois formules selon la distance professionnelle annuelle : jusqu'à 5 000 km, un tarif au kilomètre simple ; de 5 001 à 20 000 km, un tarif réduit plus un forfait fixe ; au-delà de 20 000 km, un tarif intermédiaire. Contrairement à l'impôt sur le revenu, ce n'est pas un calcul par tranches successives : on applique une seule formule, celle de sa distance totale. Exemple en 5 CV pour 12 000 km : (12 000 × 0,357) + 1 395 = 5 679 €.
Que couvre le barème, et que peut-on déduire en plus ?
Le barème est réputé couvrir la dépréciation du véhicule, l'entretien, les réparations, les pneus, le carburant et l'assurance. On peut y ajouter les frais de péage et de stationnement professionnels, ainsi que les intérêts d'un crédit auto au prorata de l'usage professionnel — sur justificatifs. On ne peut rien déduire d'autre du véhicule lui-même : choisir le barème, c'est renoncer à déduire le carburant ou l'entretien en frais réels détaillés.
Quelle est la règle pour les trajets domicile-travail ?
Ils sont déductibles dans la limite de 40 km par trajet (80 km aller-retour). Au-delà, il faut justifier l'éloignement par des circonstances particulières — mutation du conjoint, impossibilité de se loger plus près, précarité de l'emploi. Un seul aller-retour par jour est admis, sauf contraintes particulières (horaires atypiques, personne à charge nécessitant une présence). Le kilométrage retenu se calcule sur le trajet le plus court raisonnable.
La majoration de 20 % pour les électriques s'applique-t-elle à tout ?
Elle s'applique au résultat du barème pour les véhicules 100 % électriques — pas aux hybrides, même rechargeables. Sur notre exemple à 12 000 km en 5 CV, elle porte la déduction de 5 679 € à 6 815 €. La logique : compenser un coût d'acquisition plus élevé alors que le barème valorise notamment la dépréciation. C'est l'un des rares avantages fiscaux de l'électrique côté salarié.
Le barème 2027 va-t-il augmenter ?
L'arrêté est publié chaque année vers mars, pour la déclaration des revenus de l'année précédente. Le barème est gelé depuis 2024, après la hausse exceptionnelle de 10 % décidée en 2022 face à la flambée des carburants. Rien n'oblige l'administration à revaloriser : le gel est une forme d'économie budgétaire discrète, puisque l'inflation érode la valeur réelle de la déduction. Cette page sera mise à jour dès la parution de l'arrêté 2027 — c'est précisément son rôle.
Sources
- BOFiP — barème forfaitaire kilométrique (BOI-BAREME-000001)
- impots.gouv.fr — frais réels : calcul des frais de véhicule
- service-public.fr — simulateur de frais kilométriques
- URSSAF — indemnités kilométriques (employeurs)
Dernière mise à jour : août 2026. Les montants affichés sont calculés par nos simulateurs à partir des taux 2026 — ils sont indicatifs et ne constituent ni un conseil juridique ni un conseil fiscal. Une erreur ? Signalez-la.