À jour septembre 2026

Augmentation de salaire 2027 : ce que les entreprises prévoient, et comment obtenir plus

Des budgets entre 2 et 3 % selon les enquêtes — mais distribués à 97 % au mérite : la moyenne ne dit rien de ce que vous toucherez

Les enveloppes d'augmentation pour 2027 se dessinent : 3 % en moyenne selon WTW, 2,5 % de médiane chez Mercer, 2 à 2,5 % pour Michael Page — un léger mieux après une année 2026 au plus bas depuis quatre ans. Mais la vraie information est ailleurs : seules 17 % des entreprises pratiquent encore des augmentations générales. Le budget se joue désormais entretien par entretien. Voici ce que ces pourcentages représentent en net, ce qu'il en reste après inflation, et comment se placer au-dessus de la moyenne lors des NAO.

Ce que disent les enquêtes de l'automne 2026

EnquêtePubliéeBudget 2027Constaté 2026
WTW — Salary Budget PlanningHypothèses d'inflation retenues : 2,5 % en 2026, 1,7 % en 2027. 17 % des entreprises prévoyaient des augmentations générales en 2026.4 août 20263 % (moyenne)—
Mercer — enquête NAO277 entreprises interrogées. L'enveloppe 2026 est la plus basse en quatre ans ; 17 % d'augmentations générales liées à l'inflation, contre 61 % en 2025.septembre 20262,5 % (médiane)2 % (médiane)
Michael Page — étude de rémunérationsHausses « légèrement supérieures » à 2026, mais concentrées sur les profils pénuriques.17 septembre 20262 à 2,5 % (moyenne)1,5 à 2 %

Trois enquêtes, trois méthodes — moyenne ou médiane, panels différents — mais une même tendance : après le pic de 2023 (budgets proches de 5 %) et la décrue de 2024-2026, les entreprises stabilisent leurs enveloppes autour de 2,5 %, avec un léger rebond par rapport à 2026. Ces chiffres décrivent l'intention des directions à l'automne, avant les négociations ; l'écart entre budget annoncé et augmentations réellement versées est historiquement de quelques dixièmes de point.

Ces enquêtes sont réalisées par des cabinets de conseil auprès d'entreprises volontaires, majoritairement grandes : elles ne sont ni des statistiques officielles ni représentatives des TPE. La mesure définitive de l'évolution des salaires 2027 viendra de l'indice DARES des salaires de base, publié trimestriellement.

En net, ça donne quoi — et que reste-t-il après l'inflation

Un pourcentage sur le brut se traduit en net après cotisations. Nous avons calculé le gain mensuel net pour quatre profils, avec les cotisations 2026 de notre simulateur brut/net, à trois niveaux d'augmentation — les bornes des enquêtes et leur milieu :

ProfilNet actuel+2,0 %+2,5 %+3,0 %
Employé, 2 200 € bruts1 742 €+35 €nets / mois+44 €nets / mois+52 €nets / mois
Technicien, 2 800 € bruts2 216 €+44 €nets / mois+55 €nets / mois+66 €nets / mois
Cadre, 3 800 € bruts3 007 €+60 €nets / mois+75 €nets / mois+90 €nets / mois
Cadre confirmé, 5 000 € bruts3 962 €+80 €nets / mois+100 €nets / mois+120 €nets / mois

Le net progresse un peu moins vite que le brut pour les cadres au-delà du plafond de la Sécurité sociale, où les cotisations de retraite complémentaire passent en tranche 2. Rapporté à l'inflation que les entreprises elles-mêmes anticipent pour 2027 — 1,7 % —, une augmentation de 2,5% laisse un gain de pouvoir d'achat d'environ 0,8 point : pour le cadre à 3 800 € bruts, cela représente 24 € nets par mois de mieux qu'en 2026, en euros constants. À 2,0 %, le gain réel est quasi nul.

Pour tester votre propre cas, le simulateur brut/net convertit n'importe quel montant dans les deux sens, et le simulateur net après impôt ajoute l'effet du prélèvement à la source — une augmentation peut vous faire changer de taux.

Qui touche quoi : la fin des augmentations générales

Le basculement est brutal : 61 %des entreprises pratiquaient des augmentations générales liées à l'inflation en 2025, 17 % en 2026. Dans le même temps, 97 % déclarent arbitrer les augmentations sur la performance individuelle, 59 % sur les promotions et évolutions de carrière, 22 % réservent un budget aux contributions exceptionnelles. Le budget de 2,5 % est donc un total à répartir, et la répartition suit trois priorités :

Les compétences pénuriques

Data, cybersécurité, IA, certains métiers techniques et de la santé : ces profils captent une part disproportionnée de l'enveloppe, avec des hausses individuelles à 5 % et plus, parce que leur remplacement coûterait davantage.

L'équité salariale

À l'approche de la transposition de la directive sur la transparence des salaires, les entreprises consacrent une part du budget aux rattrapages d'écarts injustifiés — femmes-hommes, ou entre salariés au même poste. Un levier de négociation nouveau.

La rétention des « clés »

Managers, experts, salariés identifiés comme talents : des budgets ciblés, parfois hors NAO, pour les retenir. Pour les autres, le mérite standard se situe entre 0 et 2 % — souvent en dessous de l'inflation.

Deux mécanismes complètent le tableau. Le SMIC 2027, revalorisé au 1er janvier, relève d'office les salaires qu'il rattrape — un effet de tassement des bas de grille que les branches doivent ensuite corriger. Et la prime de partage de la valeur, dont le régime social de faveur expire fin 2026 pour les petites entreprises, a servi de substitut aux augmentations pérennes : son extinction pourrait, paradoxalement, ramener un peu de budget vers le salaire de base.

Obtenir plus que la moyenne : le calendrier et les arguments

  1. 1

    Se manifester avant que l'enveloppe soit répartie

    Les budgets 2027 se construisent en octobre-novembre 2026. Un entretien demandé à ce moment-là, avec un dossier, pèse sur l'arbitrage ; en février, le manager ne peut plus que redistribuer ce qui lui a été alloué.

  2. 2

    Chiffrer sa position dans le marché

    Une demande argumentée par une fourchette de marché objective — pas par un ressenti — change la nature de la discussion. Nos pages salaires par métier donnent, pour vingt métiers, les fourchettes par niveau et par région ; le simulateur de négociation situe votre salaire dans ces fourchettes.

  3. 3

    Séparer mérite, promotion et rattrapage

    Ce sont trois lignes budgétaires distinctes. Demander une augmentation « parce que l'inflation » vise la ligne la plus maigre. Demander un rattrapage d'équité, une revalorisation liée à un périmètre élargi, ou un alignement sur le marché externe active des budgets différents — et parfois cumulables.

  4. 4

    Négocier au-delà du salaire de base

    Prime sur objectifs, télétravail, jours de congé, titres-restaurant, participation à la mutuelle, intéressement : quand l'enveloppe salariale est fermée, les avantages ne le sont pas toujours. Certains sont exonérés de cotisations et valent plus en net qu'un brut équivalent.

Les outils pour préparer l'entretien : le simulateur de négociation salariale pour situer une proposition dans le marché, les fourchettes par métier pour l'argumentaire, et le percentile de votre salaire dans la distribution française. Et si la réponse est non, notre guide sur la transparence des salaires explique ce que le prochain employeur devra vous dire avant même l'entretien.

Questions fréquentes

De combien les salaires vont-ils augmenter en 2027 ?

Les enquêtes menées auprès des entreprises convergent vers une fourchette de 2 à 3 % pour les budgets d'augmentation 2027 : 3 % en moyenne selon WTW (enquête d'août 2026), 2,5 % de médiane selon Mercer (277 entreprises, septembre 2026), 2 à 2,5 % selon Michael Page. C'est légèrement au-dessus de 2026, année où la médiane est tombée à 2 %, son plus bas niveau en quatre ans. Ces chiffres sont des intentions déclarées à l'automne : elles sont régulièrement révisées, à la baisse comme à la hausse, lors des négociations annuelles obligatoires du premier trimestre.

Une augmentation de 2,5 %, c'est combien en net par mois ?

Pour un salarié non cadre à 2 800 € bruts, +2,5 % représente 70 € bruts, soit environ 55 € nets par mois d'après notre simulateur brut/net. Pour un cadre à 3 800 € bruts, 95 € bruts et environ 75 € nets. Rapporté à l'inflation anticipée pour 2027 (1,7 % selon WTW), le gain de pouvoir d'achat réel se situe autour de 0,8 point — quelques dizaines d'euros par mois. Une augmentation à 2 % ou moins couvre tout juste la hausse des prix.

Pourquoi le budget moyen ne dit-il rien de mon augmentation ?

Parce qu'il n'est plus réparti uniformément. En 2026, 17 % des entreprises seulement ont pratiqué des augmentations générales indexées sur l'inflation, contre 61 % un an plus tôt ; 97 % arbitrent au mérite, sur des critères de performance individuelle. Un budget de 2,5 % signifie en pratique que certains salariés reçoivent 0 %, d'autres 5 ou 6 % — profils pénuriques, promotions, rattrapages d'équité salariale. La moyenne est une enveloppe pour l'employeur, pas une promesse pour le salarié.

Quand se décident les augmentations 2027 ?

Dans la plupart des entreprises, entre janvier et mars 2027, lors des négociations annuelles obligatoires (NAO) pour les augmentations collectives, et lors des entretiens annuels pour les augmentations individuelles. Mais le budget, lui, est arrêté à l'automne 2026 — c'est le moment où les enquêtes citées ici sont réalisées. D'où un conseil de calendrier : la demande d'augmentation se prépare en octobre-novembre, quand l'enveloppe se construit, pas en février quand elle est déjà répartie.

L'entreprise peut-elle refuser toute augmentation en 2027 ?

Oui, sauf minimum légal ou conventionnel. Aucune loi n'impose une augmentation annuelle : seuls le SMIC (revalorisé au 1er janvier 2027) et les minima de branche s'imposent, et une entreprise dont les salaires les dépassent peut décider d'un gel. La NAO oblige à négocier, pas à conclure. En revanche, l'employeur doit respecter l'égalité de traitement — un refus discriminatoire, ou un écart injustifié entre femmes et hommes à poste équivalent, est contestable, et la directive sur la transparence des salaires va rendre ces écarts visibles.

Sources

Dernière mise à jour : septembre 2026. Les montants affichés sont calculés par nos simulateurs à partir des taux 2026 — ils sont indicatifs et ne constituent ni un conseil juridique ni un conseil fiscal. Une erreur ? Signalez-la.