À jour août 2026

Prime de partage de la valeur : les 4 derniers mois du régime doré

Jusqu'à 3 000 ou 6 000 € — et une exonération totale qui disparaît le 31 décembre 2026

L'ex-« prime Macron » vit sa dernière ligne droite sous son régime le plus favorable : dans les entreprises de moins de 50 salariés, elle reste exonérée de tout — cotisations, CSG et impôt — pour les salariés sous 3 SMIC, mais seulement jusqu'au 31 décembre 2026. À partir de 2027, CSG et impôt s'appliqueront partout. Ce qu'il faut savoir, côté salarié comme côté employeur, avant que la fenêtre se referme.

Ce qu'est la PPV — et ce qu'elle n'est pas

Née en 2019 sous le nom de « prime exceptionnelle de pouvoir d'achat » puis pérennisée en 2022, la prime de partage de la valeur est un versement facultatifde l'employeur, mis en place par accord d'entreprise ou décision unilatérale. Elle peut bénéficier à tous les salariés ou être réservée à ceux dont la rémunération ne dépasse pas un plafond ; son montant peut être modulé — rémunération, ancienneté, temps de présence — mais jamais individualisé à la tête du client.

Ce qu'elle n'est pas : un élément de salaire. Elle n'entre ni dans l'assiette de vos droits à la retraite, ni dans le calcul de l'ARE, ni dans celui de vos indemnités de rupture. La loi interdit d'ailleurs qu'elle se substitue à une augmentation ou à un élément de rémunération obligatoire — en pratique, la frontière mérite d'être surveillée quand une prime récurrente s'installe à la place des revalorisations.

Les plafonds : 3 000 € — ou 6 000 € sous condition

3 000 €

par an et par salarié

Le plafond de droit commun de l'exonération de cotisations sociales. Versement en une ou plusieurs fois — au maximum une fois par trimestre —, et jusqu'à deux primes distinctes dans l'année depuis 2024.

6 000 €

si accord d'intéressement ou de participation volontaire

Le plafond double pour les entreprises qui ont mis en place un accord d'intéressement, ou un accord de participation alors qu'elles n'y sont pas tenues. Une incitation directe à structurer le partage de la valeur au-delà de la prime.

Qui est exonéré de quoi, jusqu'au 31 décembre 2026

SituationCotisationsCSG-CRDSImpôt sur le revenu
Entreprise < 50 salariés, rémunération < 3 SMICexonéréeexonéréeexonérée
Tous les autres casexonéréedue (9,7 %)imposée

Dans le second cas, l'échappatoire existe : affecter la prime à un plan d'épargne salariale(PEE, PER collectif) dans les 15 jours du versement l'exonère d'impôt sur le revenu — contre un blocage de 5 ans, cas de déblocage anticipé mis à part.

Le 1er janvier 2027, le régime doré s'éteint

À compter du 1er janvier 2027, le régime le moins favorable est généralisé : la PPV restera exonérée de cotisations sociales, mais supportera partoutla CSG-CRDS et l'impôt sur le revenu. Pour un salarié à 2 SMIC dans une TPE, une prime de 1 000 € versée en décembre 2026 arrive entière ; la même prime en janvier 2027 perd 97 € de CSG-CRDS puis subit le taux marginal d'imposition — souvent 11 %, parfois 30 %. Employeurs de moins de 50 salariés : si une prime est prévue « prochainement », la verser avant le 31 décembre a une valeur mesurable.

Côté salarié, le bon réflexe reste inchangé : une prime ne remplace pas une augmentation — elle ne crée aucun droit et peut disparaître l'année suivante. Pour préparer la discussion de fond, notre simulateur de négociation salariale chiffre ce que vaut réellement un point d'augmentation, et le simulateur brut/net traduit la proposition de votre employeur en net réel.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la prime de partage de la valeur, et qui peut la verser ?

C'est une prime facultative que tout employeur peut verser à ses salariés, exonérée de cotisations sociales dans la limite de 3 000 € par an et par bénéficiaire — 6 000 € si l'entreprise est couverte par un accord d'intéressement ou de participation volontaire. Elle peut être versée en une ou plusieurs fois (au maximum une par trimestre), et depuis 2024 un employeur peut attribuer deux PPV distinctes dans la même année civile, dans la limite des plafonds globaux. Le montant peut être modulé selon la rémunération, l'ancienneté, la durée de travail ou la présence effective.

La PPV est-elle imposable pour le salarié en 2026 ?

Tout dépend de deux critères : la taille de l'entreprise et votre rémunération. Dans une entreprise de moins de 50 salariés, si vous gagnez moins de 3 SMIC, la prime est exonérée de tout jusqu'au 31 décembre 2026 : pas de cotisations, pas de CSG-CRDS, pas d'impôt sur le revenu. Dans tous les autres cas (entreprise de 50 salariés et plus, ou rémunération au-delà de 3 SMIC), la prime est exonérée de cotisations sociales mais supporte la CSG-CRDS et l'impôt sur le revenu.

Que se passe-t-il au 1er janvier 2027 ?

Le régime de faveur des petites entreprises s'éteint : la PPV sera partout exonérée de cotisations sociales uniquement, et soumise à la CSG-CRDS ainsi qu'à l'impôt sur le revenu, quels que soient la taille de l'entreprise et le salaire. Concrètement, une prime de 1 000 € versée en décembre 2026 à un salarié à 2 SMIC d'une TPE arrive intacte ; la même prime versée en janvier 2027 sera rognée de 9,7 % de CSG-CRDS puis imposée à son taux marginal. Pour les employeurs de TPE-PME qui hésitent sur le calendrier, l'arbitrage est limpide.

Peut-on placer sa PPV pour éviter l'impôt ?

Oui, et ce sera le principal levier après 2026 : la PPV affectée à un plan d'épargne salariale (PEE, PER collectif) dans les 15 jours suivant son versement est exonérée d'impôt sur le revenu, dans la limite des plafonds. L'argent est alors bloqué 5 ans (PEE) sauf cas de déblocage anticipé — mariage, naissance, achat de la résidence principale, rupture du contrat. C'est le même mécanisme que pour l'intéressement et la participation.

La PPV peut-elle remplacer une augmentation ?

Non, et c'est écrit dans la loi : la prime ne peut se substituer à aucun élément de rémunération obligatoire ni à une augmentation prévue par accord ou usage. La distinction pratique reste réelle : une PPV est ponctuelle, révocable et n'entre pas dans l'assiette de vos droits (retraite, chômage, indemnités), quand une augmentation est acquise et productrice de droits. À montant égal, une augmentation vaut structurellement plus qu'une prime — notre simulateur de négociation permet de chiffrer l'écart sur plusieurs années.

Sources

Dernière mise à jour : août 2026. Les montants affichés sont calculés par nos simulateurs à partir des taux 2026 — ils sont indicatifs et ne constituent ni un conseil juridique ni un conseil fiscal. Une erreur ? Signalez-la.