Arrêt maladie : ce que vous touchez vraiment
Indemnités plafonnées à 42,97 € par jour — et un plafond de calcul abaissé qui change tout depuis 2025
Un arrêt maladie ne coupe pas le salaire, mais il le réduit fortement — et davantage qu'avant. Depuis avril 2025, le salaire pris en compte pour calculer les indemnités journalières est plafonné à 1,4 SMIC au lieu de 1,8, soit une baisse de 22 % du montant maximum. S'y ajoutent trois jours de carence et une indemnisation limitée à 50 % du salaire journalier. Le complément employeur, quand il existe, fait toute la différence. Voici le calcul, chiffré.
Le calcul, en trois étapes
Salaire journalier de base = (3 derniers salaires bruts, plafonnés à 1,4 SMIC) ÷ 91,25
Indemnité journalière = salaire journalier de base × 50 %
| Salaire brut mensuel | Salaire journalier retenu | Indemnité par jour | Pour 30 jours |
|---|---|---|---|
| 1 900 € | 62,47 € | 31,23 € | 937 € |
| 2 600 € | 85,48 € | 42,74 € | 1 282 € |
| 3 500 €plafonné | 85,93 € | 42,97 € | 1 289 € |
Le point le plus frappant de ce tableau : le salarié à 3 500 € bruts touche exactement la même indemnité que celui à 2 600 €. Le plafond de 1,4 SMIC écrête tout ce qui dépasse environ 2 614 € bruts mensuels — soit à peine au-dessus du salaire médian français. Pour connaître votre brut exact, notre simulateur brut/net fait la conversion dans les deux sens.
Le changement de 2025 que peu de gens ont vu passer
Pour les arrêts débutant à compter du 1er avril 2025, le plafond du salaire retenu est passé de 1,8 à 1,4 SMIC. L'indemnité journalière maximale a mécaniquement chuté d'environ 22 %. Aucune ligne n'a changé sur les bulletins de paie, aucun courrier n'a prévenu les salariés : l'effet ne se découvre qu'au premier arrêt. Pour un cadre en arrêt long, l'écart avec l'ancien régime se chiffre en centaines d'euros par mois.
42,97 €
indemnité journalière maximale depuis le 1er juillet 2026
2 614 €
salaire mensuel brut au-delà duquel l'indemnité n'augmente plus
3 jours
de carence avant le premier versement
Le complément employeur : là où se joue la vraie différence
Les indemnités de la Sécurité sociale ne sont qu'une moitié de l'équation. Dès un an d'ancienneté, la loi impose à l'employeur un maintien de salaire : 90 % de la rémunération brute pendant les 30 premiers jours, puis deux tiers pendant les 30 suivants, avec des durées qui s'allongent avec l'ancienneté. Ce maintien est calculé indemnités journalières déduites: l'employeur ne verse que la différence.
- Le régime légal comporte 7 jours de carence pour le maintien employeur — distincts des 3 jours de la Sécurité sociale.
- Beaucoup de conventions collectives font mieux : maintien à 100 % dès le premier jour, sans condition d'ancienneté, sur des durées bien plus longues. C'est l'un des avantages les plus concrets d'une bonne convention — et l'un des moins regardés à l'embauche.
- La subrogation : quand l'employeur la pratique, il vous verse l'intégralité et perçoit les indemnités à votre place. Vous ne voyez aucune coupure de trésorerie — sinon, comptez plusieurs semaines avant le premier virement de l'Assurance maladie.
Les indépendants n'ont pas ce filet. Un micro-entrepreneur perçoit des indemnités journalières bien plus faibles, sous conditions d'affiliation et de revenu ; un président de SASU cotise au régime général mais sans complément employeur. Le salarié porté, lui, conserve le régime salarié complet — un point de comparaison chiffré dans notre comparateur salarié ou freelance.
Quatre réflexes utiles
- Transmettre l'arrêt sous 48 heures : les volets 1 et 2 à la caisse d'assurance maladie, le volet 3 à l'employeur. Au-delà, l'indemnisation peut être réduite.
- Lire sa convention collective sur le maintien de salaire : c'est elle, pas la loi, qui détermine si vous toucherez 50 % ou 100 % de votre salaire.
- Vérifier la prévoyance : la plupart des contrats collectifs prennent le relais après 90 jours d'arrêt, quand le maintien employeur s'épuise. Les cadres en bénéficient obligatoirement.
- Anticiper l'effet fiscal : les indemnités journalières de maladie ordinaire sont imposables et soumises au prélèvement à la source, ce qui surprend souvent l'année suivante. Notre simulateur net après impôt aide à estimer l'effet sur l'année.
Questions fréquentes
Combien touche-t-on en arrêt maladie ?
L'Assurance maladie verse une indemnité journalière égale à 50 % du salaire journalier de base, lui-même calculé sur la moyenne des trois derniers salaires bruts divisée par 91,25. Ce salaire est retenu dans la limite de 1,4 SMIC, soit environ 2 614 € bruts mensuels en 2026 — ce qui plafonne l'indemnité à 42,97 € par jour depuis le 1er juillet 2026, soit de l'ordre de 1 289 € pour un mois complet. À ces indemnités s'ajoute, selon votre convention collective, un complément versé par l'employeur.
Qu'est-ce que le délai de carence de trois jours ?
Les trois premiers jours d'un arrêt ne sont pas indemnisés par l'Assurance maladie : le versement commence au quatrième jour. Ce délai s'applique à chaque nouvel arrêt, sauf en cas de prolongation d'un arrêt en cours, d'affection de longue durée ou d'accident du travail. Beaucoup de conventions collectives prennent en charge tout ou partie de cette carence via le maintien de salaire — c'est l'un des éléments les plus concrets à vérifier dans sa convention, et l'un des plus inégalement répartis entre branches.
Mon employeur doit-il compléter les indemnités ?
Oui, dans une certaine mesure, dès un an d'ancienneté : la loi de mensualisation impose un maintien de salaire de 90 % de la rémunération brute pendant les 30 premiers jours, puis des deux tiers pendant les 30 suivants, ces durées augmentant avec l'ancienneté. Ce maintien est calculé indemnités journalières déduites — l'employeur ne verse que le complément. Attention : ce dispositif légal comporte lui-même un délai de carence de 7 jours, souvent supprimé par les conventions collectives, qui prévoient fréquemment un maintien à 100 % dès le premier jour.
Pourquoi le montant maximum a-t-il baissé ?
Parce que le plafond de calcul est passé de 1,8 à 1,4 SMIC pour les arrêts débutant à compter du 1er avril 2025, dans le cadre des mesures d'économies de l'Assurance maladie. La mécanique est indirecte mais l'effet direct : le salaire retenu pour le calcul est écrêté plus tôt, ce qui réduit d'environ 22 % l'indemnité maximale. Concrètement, un salarié à 3 500 € bruts touche aujourd'hui la même indemnité qu'un salarié à 2 600 € — le plafond mord bien avant les hauts salaires.
Les indemnités journalières sont-elles imposables ?
Oui, les indemnités journalières de maladie ordinaire sont soumises à l'impôt sur le revenu et au prélèvement à la source, ainsi qu'à la CSG-CRDS à taux réduit. Elles figurent sur votre déclaration pré-remplie. Exception notable : les indemnités versées au titre d'une affection de longue durée sont exonérées d'impôt sur le revenu. Les indemnités d'accident du travail ou de maladie professionnelle, elles, ne sont imposables qu'à hauteur de 50 %.
Sources
- ameli.fr — montants maximum des indemnités journalières
- ameli.fr — indemnités journalières en cas d'arrêt maladie
- Code du travail, art. L1226-1 — maintien de salaire (Légifrance)
- service-public.fr — arrêt maladie d'un salarié du privé
Dernière mise à jour : septembre 2026. Les montants affichés sont calculés par nos simulateurs à partir des taux 2026 — ils sont indicatifs et ne constituent ni un conseil juridique ni un conseil fiscal. Une erreur ? Signalez-la.